22.10.2008

Lutter contre la crise économique : comparaison des propositions ( suite )

3/ Place des entreprises, le point de clivage central entre notre motion et les autres.

C’est sur cette question que notre motion crée le clivage le plus important.

• C’est sur les entreprises et particulièrement les PME qu’il convient de s’appuyer pour faire émerger l’économie de demain ;

• Développer les politiques favorables à la création d’entreprises ;

• Accompagner les PME pour qu’elles passent à la dimension supérieure ;

• Investir dans les politiques d’innovation capables de nous différencier des pays émergents.

Dans la motion de Martine Aubry on parle de moduler l’impôt sur les sociétés en fonction de la part des bénéfices réinvestis, de taxer les entreprises abusant des emplois précaires, d’interdire les stocks options pour les principaux dirigeants exécutifs, de limiter les parachutes dorées
par des conventions collectives. Ce sont toutes des mesures intéressantes et nécessaires mais qui placent l’entreprise non pas comme un partenaire mais uniquement comme un objet d’encadrement et de surveillance.

La motion de Benoît Hamon ne considère pas l’entreprise mais des politiques publiques et des stratégies industrielles, comme si ces stratégies se construisaient sans partenaires.

La motion de Bertrand Delanoë ne consacre que quelques lignes aux PME pour constater que ces dernières fournissent 69 % de l’emploi salarié et qu’il faudra une action publique puissante pour financer efficacement la création de PME innovantes, développer le capital risque.

Il y a un accord entre les motions pour conditionner les aides aux entreprises à des négociations salariales engagées et abouties et pour la limitation des parachutes dorés, thème repris depuis par Nicolas Sarkozy.

 

 

4/ Capital, travail et relations sociales

La motion E, "L'espoir à gauche, fier(e)s d'être socialistes" insiste sur le fait que la France connaît un véritable problème de relations sociales qui se conjugue avec une relation capital/travail fortement déséquilibrée et propose :

• Un véritable dialogue social ;

• Une syndicalisation de masse ;

• La recomposition des conseils d'administrations avec 30 % de salariés (proposition la plus audacieuse sur ce point) ;

• Une véritable place de la formation tout au long de la vie : parcours professionnel sécurisé.

La motion de Bertrand Delanoë abonde dans le même sens en parlant de renforcement des syndicats, de représentation des salariés, en allant moins loin dans les solutions et en restant plus vague. Elle reprend l'idée du parcours professionnel sécurisé de la campagne de Ségolène Royal.

La motion de Martine Aubry évoque de même le renforcement des syndicats et le besoin d'améliorer les relations sociales et de répartir les richesses.

Le pôle écologique axe sur le développement social.

La motion d'Utopia établissent la puissance publique dans l'entreprise et le capital….

 

 

5/ Fiscalité

La motion E propose d’établir enfin une fiscalité juste :

• Réforme radicale de l'impôt sur le revenu (équité et transparence) ;

• Fusion de l'IR et de la CSG-CRDS qui impacte aussi les plus modestes afin de mettre en place un véritable impôt progressif ;

• Individualisation de l'impôt afin de lever l'injustice qui pèse sur la taxation du travail féminin ;

• Suppression des niches fiscales et répartition du gain sur l'ensemble des contribuables pour générer une baisse d'impôt ;

• Prélèvement des charges sociales sur l'ensemble de la valeur ajoutée pour ne pas pénaliser l'embauche.

La motion de Bertrand Delanoë parle de fiscalité écologique (laquelle se limite à l'approche pollueur–payeur), de rééquilibrer la taxation capital-travail et de rétablir une véritable progressivité dans l'impôt sans entrer dans les détails.

La motion de Benoît Hamon se limite aussi au concept de progressivité de l'impôt.

Le pôle écologique insiste sur la progressivité, mais développe une approche complète de la taxation écologique.

Utopia veut passer à une fiscalité internationale et annuler la dette des pays pauvres, imposer une taxation sur toutes les transactions financières et les bénéfices des firmes transnationales. Ce sont effectivement des objectifs que l’on peut tous partager mais la motion Utopia ne dit pas comment y parvenir.

 

 

6/ Pouvoir d'achat

Face à la flambée des produits de consommation courante, à la faiblesse du consommateur face aux acteurs économiques et bancaires et à la montée intolérable des loyers et charges, la motion E propose :

• Une réglementation des abus bancaires ;

• La création d'une action de groupe à la française ;

• Une réforme de l'indice CPI INSEE ;

• La gestion véritable de la politique des logements sociaux ;

La motion de Bertrand Delanoë n'a pas trop d'idées sur le sujet (« créer de nouveaux emplois… »).

La motion de Martine Aubry propose d’augmenter le SMIC, impose des renégociations salariales et un plafonnement des loyers.

La motion de Benoît Hamon augmente les salaires, et s'occupe du logement.

Tous évitent de traiter des effets pervers de l’augmentation du Smic sur les revenus légèrement supérieurs.

 

 

 

 

Commentaires

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Ecrit par : Achat d'Or | 08.03.2009

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