31.12.2008

Le restaurateur régalera 200 démunis

Ce soir, le patron du Bistrot du Parc régalera 200 démunis à Boulogne. En voisine, Ségolène Royal a promis qu’elle passerait lui prêter main-forte.

 

Propriétaire du Parc, cette « maison de qualité » spécialisée dans la cuisine de bistrot, Philippe Braconnier attend un précieux renfort pour servir son traditionnel repas de la Saint-Sylvestre à quelque 200 démunis ce soir . Voisine et habituée de cette brasserie située rue du Château, Ségolène Royal a annoncé lundi au restaurateur qu’elle viendrait lui donner un coup de main dans la soirée.

« Je lui ai parlé de ce réveillon, elle a trouvé l’idée excellente. Et elle m’a promis de passer pendant une heure pour s’occuper du bar, jubile le patron. Nous avons l’habitude de la recevoir de temps en temps. Elle vient avec ses enfants ou avec des amis. »

« Les artisans avec lesquels nous travaillons nous offrent tous des produits »

Philippe Braconnier se réjouit de voir des responsables politiques s’intéresser à son initiative : « L’an dernier, Pierre-Christophe Baguet, qui n’avait pas encore remporté la mairie, nous avait rendu visite. » Mais le gérant du Bistrot du Parc aimerait voir d’autres confrères l’imiter.
« Nous connaissons tous dans nos vies respectives des moments pas forcément drôles, lâche-t-il. Je pense qu’il faut savoir penser aux autres quand on se trouve un peu mieux placé. J’aimerais tant que voie le jour en France une journée au cours de laquelle les plus démunis pourraient manger à l’oeil. Un peu dans le même esprit que Coluche, lorsqu’il a créé les Restos du coeur. »
Voilà neuf ans que Philippe Braconnier invite le 31 décembre des sans-logis, sans le sou ou des personnes âgées à venir se régaler de sa cuisine aux saveurs du Sud-Ouest, sa région d’origine. Des associations telles que la Croix-Rouge, les Chevaliers de l’ordre de Malte ou Bien vieillir à Boulogne conduisent jusqu’à son restaurant des personnes qui n’ont généralement pas la chance de profiter de cette période de fêtes. Les 21 salariés et les fournisseurs de l’établissement participent bénévolement à ce « moment de convivialité ».
« Les artisans avec lesquels nous travaillons nous offrent tous des produits : café, boissons, volailles... », énumère Philippe Braconnier.
Le personnel du Parc espère une affluence record, car l’établissement dispose depuis peu d’une terrasse chauffée. « Nous attendons près de 200 personnes », précise Philippe Braconnier. Qui a déjà l’esprit tourné vers la prochaine édition : « Je rêve de louer un bus pour amener les gens voir un feu d’artifice. »

29.12.2008

2009 sous le signe de l'instabilité pour Nicolas Sarkozy

"Positifs" et "lucides". La crise dictera à N.Sarkosy ses voeux pour 2009, une année sous tension où il aura à affronter une économie au rouge et un moral des Français dans le noir.

 

Le chef de l'État, de retour à Paris lundi après un séjour au Brésil, devrait réaffirmer sa volonté de garder le cap des réformes structurelles, malgré la tourmente, lors de ses voeux télévisés aux Français le 31 décembre au soir.

La priorité - conjoncturelle - reste toutefois à la relance face aux menaces de croissance négative au premier semestre.

"Nicolas Sarkozy n'a pas varié : il faut moderniser le pays, le rendre plus compétitif et efficace, il faut aller jusqu'au bout des réformes", explique un ministre du premier cercle.

Grenelle II, loi sur le logement, refonte territoriale, réformes de l'hôpital, de la sécurité intérieure, de la justice et du système pénitentiaire, loi de programmation militaire sont au programme.

"Pour faire passer ça dans l'opinion publique, il faut une très grande présence aux côtés des Français, aller sur le terrain, les écouter", précise ce ministre.

Aussi Nicolas Sarkozy déclinera-t-il des voeux thématiques pour parler, en situation, de l'économie, de la sécurité, de la santé, de l'éducation, de la culture et du sport.

Les cérémonies traditionnelles débuteront le 5 janvier avec les voeux au gouvernement et aux corps constitués, jusqu'au corps diplomatique le 16 janvier. Le 6 janvier, le chef de l'État sera au Liban-Sud pour ses voeux aux armées, en présence du bataillon de la Finul.

Les voeux aux médias cloront ce marathon politique le 23 janvier, qui marque la conclusion des états généraux de la presse.

 

UNE MAJORITÉ INDOCILE

"Nicolas Sarkozy ne pourra pas faire l'économie d'une redéfinition des priorités, des finalités de son action", relève Stéphane Rozès, directeur général de l'institut de sondages CSA.

"Les Français sont contents qu'il y ait un timonier, de sa capacité à donner des à-coups face aux récifs qui arrivent, mais ils ont besoin d'avoir en tête la destination du voyage pour accepter le cabotage", dit-il à Reuters.

Dans une France qu'il qualifie d'"éruptive", le président sait devoir éviter un réformisme à tout crin, qui pourrait être perçu comme autant de coups de boutoir dans une opinion publique à vif dont les attentes sur le pouvoir d'achat ont été déçues.

L'Élysée mesure les risques de conflit social - le degré de mobilisation syndicale lors de la journée d'action du 29 janvier sera un repère déterminant - et de radicalisation de la jeunesse.

Le report de la réforme du lycée, premier recul d'importance de l'exécutif, a traduit la crainte d'une éruption à la grecque.

"Le président a dit à Xavier Darcos 'reprends-la, on la fera cette réforme, explique-la mieux, réfléchis aux modifications qu'on doit y amener'", explique un collaborateur.

Seul "le volontarisme de Sarkozy permet de donner une cohérence aux réformes mais, on l'a vu avec le mouvement lycéen, tant que ne sera pas résolue cette tension, on ne sera pas à l'abri d'à-coups dans la politique de l'exécutif", observe Stéphane Rozès.

Nicolas Sarkozy devra aussi compter avec une majorité parlementaire dont l'indocilité ira croissante avec la réforme constitutionnelle de la procédure législative, prévue pour entrer en vigueur dans le courant du mois d'avril.

La confusion qui a présidé à l'examen de la réforme de l'audiovisuel public ou du texte sur l'extension du travail dominical - ajourné à la mi-janvier - augure des écueils à venir pour le président face à des élus désireux d'enterrer le loyalisme des godillots pour la "coproduction législative".

 

"TRANQUILLEMENT"

Face à la fronde calculée de Jean-François Copé, Nicolas Sarkozy pourra jouer l'atout Xavier Bertrand, appelé à prendre la barre de l'UMP lors du conseil national du 24 janvier.

"En tout état de cause, Nicolas Sarkozy pense qu'il faut d'abord remettre de l'ordre à l'UMP avant de remanier le gouvernement", note un ministre.

Un remaniement en profondeur attendra très probablement l'après-européennes, qui se déroulent en juin. Un simple ajustement "technique" est prévu en janvier pour le remplacement de Xavier Bertrand. Brice Hortefeux est favori à sa succession.

"Jean-Pierre Jouyet a été remplacé par (Bruno) Le Maire (aux Affaires européennes, NDLR), ça s'est fait tranquillement. Bertrand partira, ça se fait tranquillement", dit un collaborateur du président. "Cette maladie de changer tout le temps les ministres est déraisonnable, c'est ridicule".

Aussi l'équipe gouvernementale, le Premier ministre François Fillon en tête, devrait-elle être maintenue pour affronter une mi-mandat périlleuse. Fragilisée mais défendue par Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde resterait à Bercy pour dompter la crise.

"En cette année électorale, l'exécutif doit être suffisamment stable pour organiser une campagne", estime Stéphane Rozès. Car "l'année 2009 de Sarkozy, je la vois comme pour le pays, c'est-à-dire très instable".

 

Sophie Louet avec Service France

 

 

28.12.2008

Réaction face aux propos du porte-parole du PS

Je dirai à Benoît Hamon, éminent représentant d'une petite minorité du PS que :

1/L'unité du parti est de la responsabilité de l'équipe dirigeante qui a confisqué l'appareil du PS à son seul profit et pour le bénéfice d'arrières-gardes antagonistes usées jusqu'à la ficelle.

2/La motion E est majoritaire à la proportionnelle des courants, homogène et représente à elle seule la moitié au moins des adhérents du PS, ce qui en fait de facto la première force du parti socialiste.

3/Mettre de côté la moitié du PS en l'écartant de la direction dans des simulacres de discussion sur une plateforme indigente est inadmissible et dangereux et empêche le PS de procéder à des évolutions tout à fait indispensables.

4/Nous disons que quand la règle est mauvaise, il faut la changer ! C'est le contraire qui se produit : Le rafistolage circonstanciel d'écuries moribondes décidées à vérouiller leur pouvoir autour d'un appareil épuisé.

5/ Ce dont il s'agit aujourd'hui, c'est d'ouvrir le PS aux forces du renouveau en son sein et à la société française dans toutes ses composantes, partis, associations, intellectuels, lieux d'expertise et d'échanges citoyens.

6/ L'aveuglement politique de cette direction à la vision étroite, auto-centrée et agressive est le signe d'une faiblesse frileuse et inquiétante qui réduit le parti socialiste à son expression la plus archaïque, le condamne à la division des vaincus d'hier, peu soucieux de la démocratie dans ce parti comme ils l'ont prouvé dans le passé récent.

7/ Nous ne (nous) laisserons pas faire. L'histoire est en marche aussi dans ce vieux parti, nous le ferons avancer en écartant les murs et en poussant cet attelage fatigué avec les forces qui ne manquent pas à l'extérieur, des altermondialistes au républicains sociaux qui voudront converger et nous rejoindre pour faire gagner les idéaux de justice et d'équité mis à mal dans notre pays.

8/ Dans cette perspective, la direction du parti socialiste doit montrer l'exemple et être une force d'avant-garde, ouverte et respectueuse, démocratique et juste, fidèle au vote des militants et fraternelle.



Jean-Pierre Tolochard

27.12.2008

Réponse d'un "enragé" à Benoit Hamon...

 Cher Camarade Hamon

 

Les partisans de Royal seraient donc des “enragés”. Je suis alors un enragé. Après avoir été un bisounours puis un sectaire... A quand le prochain qualificatif?


Des enragés de la division… Ah oui?

 

La motion E arrive en tête à Reims. La trouille au ventre -pensez-donc! “elle” pourrait gagner!- vous vous y mettez à trois et même plus pour piteusement parvenir à cette magnifique addition qui de 71% vous amène à 50% (enfin, à peu près). Ca a fait rigoler toute la presse!


Et elle, toute seule comme une grande, passe de 29% à 50% (Enfin à peu près)


Ceci dit pour rappel…

 

 

Car malgré tout, la division tu l’entretiens à mort mon cher Benoit. Tu es bien gentil d’appeler au rassemblement. Moi je suis pour !!! A 200%! Mais à condition de tenir compte des 50% (enfin, à peu près!) que nous représentons quand votre attelage hétéroclite qui se lézarde de partout n’est qu’une difficile addition…

 

Sois franc! Dis carrément que Royal t’emm….! Ce sera plus honnête et là tu vois, je te croirai vraiment! Mais dis toi aussi une chose: elle n’a pas fini de t’emm….! A moins que tu n’acceptes le rassemblement


Le vrai! Pas celui qui consiste à dire aux 50% (enfin, à peu près!!): “Rassemblez-vous mais fermez-là!”


Ben non Camarade! On ne la fermera pas et en section on va vous bouger et pas qu’un peu! Ca vous changera du ronron de ces trois dernières années ou la responsable des affaires sociales au PS n’a quasiment rien foutu. Elle s’appelait comment déja?


Quant à s’opposer à la droite, t’inquiète, on est là aussi. Sauf que nous on ne passe pas notre temps à dire:”Oh c’est pas bien ça!”. On propose, nous.

 

 

Allez @+ camarade “rassembleur”!


Un enragé militant PS!

26.12.2008

Propos déplacés de B.Hamon

Le nouveau porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon dénonce la "rage" des partisans de Ségolène Royal, candidate battue au poste de Première secrétaire, à l'encontre de la nouvelle équipe dirigeante du parti.

"Ils ont dans le sang ce poison de la division, dans des proportions qu'on n'a jamais connues auparavant", accuse Benoît Hamon dans un entretien à paraître dans le numéro de janvier du magazine "Bretons". Le mensuel précise que l'entretien a été réalisé le 12 décembre.

"Leur rage se focalise contre nous et pas du tout contre la droite", regrette le nouveau porte-parole. "Je vois par exemple tous les jours sur dailymotion (site internet diffusant des vidéos, NDLR) ou sur des blogs, des partisans de Ségolène Royal mettre en ligne des films, des podcasts ou de simples commentaires juste pour nous taper dessus!", décrit-il.

Pour surmonter la profonde division née de la très courte défaite de Ségolène Royal lors des élections internes, Benoît Hamon, qui a lui-même rallié Martine Aubry après avoir été battu au premier tour du scrutin, propose de "redonner ses lettres de noblesse au combat droite-gauche".

Par ailleurs, il estime "logique" qu'il soit prochainement désigné pour prendre la tête de la liste socialiste en Ile-de-France en vue des élections européennes en juin. Il assure qu'il sera candidat dans cette région et qu'il figurera "en tout cas à une place éligible". Benoît Hamon a été élu dans la circonscription Est lors du dernier scrutin de 2004.

 

J’avoue être un peu consternée.

D’abord de recevoir des leçons d’unité de quelqu’un qui nous traite d’enragés, et pour qui nous avons “dans le sang le poison de la division”, ce sont-là des attaques tout à fait inédites et stupéfiantes.

Ensuite après les insultes inacceptables de Lionel Jospin, comparant Ségolène Royal aux néo-socialistes d’avant-guerre qui avaient rallié la collaboration, n’est-il pas temps de demander officiellement et par les voix statutaires des sanctions. L’unité, la discipline, le parti, ils n’ont que ces mots à la bouche. Mais dans les actes, ce sont insultes, magouilles, exclusions ... Enfin, le porte-parole d’un parti n’a-t-il pas le devoir, plus qu’un autre, d’en respecter tous les militants.


Pour mémoire :

Benoît Hamon a réalisé 18% au vote des motions. Il a ensuite perdu les trouves de Jean-Luc Mélenchon, qui a quitté le parti. On peut estimer aujourd’hui qu’Hamon pèse 10 à 15 %.

Par ailleurs, alors que celui-ci a rallié Martine Aubry pour le second tour du “vote” pour le poste de premier secrétaire, près d’un tiers de ses partisans ont toutefois choisi de voter pour Ségolène Royal, d’après les reports. ( il est vrai que la rage est une maladie contagieuse ).

 

La droite sacrifie l’Ecole et donc notre avenir!

 Aujourd’hui, 150 000 élèves sortent du système scolaire sans qualification. L’école doit tenir la promesse républicaine d’égalité scolaire. L’université doit être prioritaire.

La droite sacrifie l’Ecole et donc notre avenir !

 

• Suppressions drastiques des postes : Après 11000 suppressions de postes en 2008 , 13 500 sont programmées pour 2009 soit un total de 60 000 postes supprimés en 6 ans.

 

• Suppression progressive de la carte scolaire créant inévitablement un phénomène de ghetto et d’inégalités entre les établissements.

 

• Abandon des programmes du primaire établis en 2002 suite à une vaste concertation et un large consensus.

 

• Passage de 26 à 24 heures hebdomadaires pour le primaire sans aucune concertation. Sur 36 semaines annuelles d’enseignement, cela fait un total de 72 heures en moins, soit 3 semaines en moins par an et 15 semaines (presque la moitié d’une année scolaire !) sur la scolarité du primaire.

 

• Disparition programmée des IUFM (Institut Universitaire de Formation des Maîtres) et donc de la formation professionnelle des enseignants.

 

 

 

Nos propositions pour une réussite éducative et culturelle :

 

- La convocation d’Etats généraux des enseignants pour améliorer leurs conditions de travail dans l’école, assurer la pleine reconnaissance de leurs missions et préparer un plan pluriannuel de recrutement des enseignants, de formation et de résorption de l’emploi précaire.

 

- Un service public de la petite enfance en permettant d’accueillir les enfants de moins de 3 ans à l’école et en aidant les collectivités à développer des crèches.

 

- Un soutien scolaire individuel et gratuit pour tous les élèves grâce à des répétiteurs.

 

- La limitation à 17 du nombre d’élèves par classe en CP et CE1 dans les ZEP et la fixation de la dotation aux établissements par élève en difficulté à 25 % de plus que la dotation ordinaire.

 

- Gratuité des livres scolaires (de nombreuses régions socialistes l'ont fait!).

 

- La révision de la carte scolaire pour supprimer les ghettos scolaires, assurer la mixité sociale et constituer des réseaux d’éducation prioritaire.

 

- Garantir la présence de l'école de la République au plus proche des habitants sur tout le territoire.

 

- La création d’emplois-parents, la généralisation d’écoles des parents et des consultations de médiation familiale pour conforter leur autorité.

 

- Rétablir les contrats éducatifs locaux, pour mieux articuler les enseignements scolaires avec les activités péri et extra scolaires (éducation artistique, éducation physique, par exemple).

 

- Une loi de programmation pour redonner à nos universités les moyens de l’excellence.

 

- La création d’une allocation autonomie pour les jeunes pour faciliter leurs études et leur entrée dans la vie active, avec en contrepartie une obligation de formation ou de recherche active d’emploi et, pour les étudiants, d’heures de soutien scolaire auprès d’élèves en difficulté.

 

- Donner à tout jeune atteignant sa majorité le droit à un capital pour construire son projet de vie (prêt à taux zéro de 10 000 euros garanti par l’État). Développer le système des bourses tremplins (efficacité prouvée en Poitou-charentes), pour tous ceux qui souhaitent créer leur activité ou reprendre une entreprise.

 

- Le soutien à la création et à l’emploi culturel, ainsi que l’introduction de la pratique artistique à tous les niveaux de la maternelle à l'université.

23.12.2008

De Bonnes Fêtes à tous !

Le blog va être au ralenti durant quelques jours...

Cependant, je tiens à vous souhaiter un Joyeux Noël

ainsi que de bonnes soirées ( le 24 et le 31 ).

Passez de bonnes fêtes et de bonnes vacances pour ceux qui le sont.

A très bientôt !

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21.12.2008

Sarkozy recule devant la menace

En cette 85ème semaine de Sarkofrance, le Monarque a reculé devant les lycéens et remis à janvier le vote du travail le dimanche. L'Insee a désavoué ses prédictions sur la récession… et il a même admis s'être trompé (sur le plan banlieue). C'est donc vrai : c'est Noël.

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L'agenda de cette 85ème semaine de Sarkofrance était rodé : lundi, on rassure le secteur automobile; mardi, on fait son bilan européen et le zélé Darcos lance sa réforme des classes de seconde ; mercredi, on avait planifié une belle distraction pour calmer les banlieues, « plan diversité » ; jeudi, on vote le travail le dimanche; et vendredi, on adopte le plan de relance.

Mais la machine s'est grippée. Des émeutes en Grèce, un ministre désavoué, une « pression de la rue », et voici une réforme reportée d'un an, quelques heures avant sa présentation officielle. Pour la première fois depuis mai 2007, Nicolas Sarkozy a reculé devant la menace. 
La chose semble entendue: cette semaine, Nicolas Sarkozy a pris peur. Et si la France s'embrasait ?

Sarkozy et Darcos reculent devant les lycéens

Il se murmurait dans la presse informée que le président français s'inquiétait de l'ampleur des manifestations en Grèce. Un jeune tué par les forces de l'ordre, et voici un Mai 1968 incontrôlable qui embrase l'un de nos voisins européens, sur fonds de crise sociale et de blocages politiques. Xavier Darcos en a fait les frais. Dimanche, il affichait encore son mépris pour les opposants à sa réforme du moment, la réduction des enseignements communs obligatoires en classe de seconde. Il dénonçait les « perturbateurs » qui s'abriteraient derrière le mouvement lycéen, « qui enflamment des poubelles, jettent des caddies sur les grilles, et qui s'en prennent aux personnes  ». Lundi, il retirait son projet. Et le président faisait savoir qu'il suivra « personnellement » les débats à venir sur cette réforme. Jeudi, Xavier Darcos propose son «Grenelle du lycée». Pour la première fois depuis 19 mois, le pouvoir a plié en quelques heures.

 

Sarkozy échoue sur le travail le dimanche
Second retrait « tactique », Sarkozy avait approuvé un compromis avec sa propre majorité sur le travail dominical. Embourbée par le harcèlement législatif de l'opposition à l'Assemblée Nationale, la réforme de l'audiovisuel a fini par être votée mercredi 17 décembre. Le projet relatif au travail dominical promet le même cauchemar : l'opposition a déposé 4 400 amendements. Jeudi, le Monarque a dû se résoudre au report de l'examen du texte à la mi-janvier, au lendemain d'une première séance houleuse à l'Assemblée nationale. A la mi-journée, l'Assemblée a annoncé l'annulation des séances de jeudi et le report de l'examen du texte. Le Monarque est-il vexé ? «Je ne pense pas qu'en s'agitant avec des pancartes et des badges sur les bancs de l'assemblée nationale, on rende particulièrement fiers les électeurs qui ont voté pour vous» a-t-il critiqué jeudi. Effectivement, les députés de l'opposition brandissaient des pancartes «ORTF» lors du vote de la loi audiovisuelle.

 

Une Europe affaiblie
Il l'a dit aux parlementaires européens. Mardi 16 décembre, Nicolas Sarkozy a expliqué à Strasbourg que ses 6 mois de présidence européenne l'avaient «changé». Encore ? Rappelez-vous, Nicolas Sarkozy «change» quand ça l'arrange. Le 14 janvier 2007, il avait déclaré déjà avoir «changé» pour son annonce officielle de candidature à la Présidence de la République : il fallait faire oublier l'agité menaçant de karcheriser ses ennemis de l'intérieur, pour faire place au rassembleur zen et sympathique. Le voici qui nous refait le coup à Strasbourg.

Certains commentateurs furent séduits. Ils se félicitèrent également de l'impulsion politique française. A y regarder de plus près, qu'avons-nous eu ? Un chef d'orchestre agité faisant semblant de connaître sa partition. Sarkozy a certainement affaibli l'Europe politique au profit d'une Europe de Nations. Certains s'en satisferont. L'Europe se construisait sur des traités inspirés par quelques leaders charismatiques, des règles supra-nationales, ou des oukazes bruxellois en tous genres. Depuis près de 6 mois, Nicolas Sarkozy est parvenu à remettre la négociation politique au premier plan. 
 
L'Europe après Sarko est un lieu de bluff et de marchands de tapis.

 

Le vacarme du plan diversité
A en croire les thuriféraires du régime, le discours de Nicolas Sarkozy mercredi 17 décembre à l'Ecole Polytechnique sur la «diversité» n'était qu'un vacarme de plus, une distraction pour calmer la banlieue alors que l'explosion sociale menace. Le Monarque a reconnu lui-même que le plan Banlieue de Fadela Amara était un échec: «J'ai mis 18 mois pour m'en apercevoir». Avez-vous souvent entendu Sarkozy avouer s'être trompé ?

Sur le fond, personne ne critiquera la volonté présidentielle de promouvoir les classes modestes et la diversité dans la «formation des élites» ou les médias. Ni de reconnaître enfin que «si l'on regarde comment se distribuent les inégalités, il apparaît clairement qu'en réduisant toutes les fractures sociales, on réduira du même coup toutes les fractures ethniques, religieuses et culturelles». Nous critiquerons en revanche l'absence de fonds, l'imposture absolue d'un Président qui confond annonce et action, nomination avec volontarisme: un «Monsieur Diversité» en la personne de Yazig Sabeg qui s'affiche en faveur d'une discrimination positive; des objectifs sans moyens (tels 30% des places des nouvelles classes préparatoires réservées «aux meilleurs lycéens boursiers»), l'application du CV anonyme déjà voté il y a 3 ans, et la création d'outils statistiques. 

La «banlieue» sera-t-elle calmée avec si peu ?

La menace est réelle
Devant la catastrophe annoncée, mieux vaut sourire, même crispé. La boîte à outils sarkozyste est obsolète («Travailler plus pour gagner plus» ) et la révolte gronde. Un prestigieux hebdomadaire américain, Newsweek, s'inquiète d'ailleurs pour Nicolas 1er : Sarkozy s'est «affranchi de tout contre-pouvoir chez lui»  et il est privé de prétexte européen après la fin de la présidence française. Le monarque est nu, et seul, devant la menace. Il en a conscience.
Les manifestations persistent, un peu partout en France. L'Assemblée Nationale est devenue un bourbier. Et le pire n'est pas encore arrivé.

Cette semaine, l'Elysée a réquisitionné à son profit 9 millions d'euros de crédits des budgets de la police et la Défense Nationale. Aucune explication n'a été donnée. Le décret est passé au Journal Officiel... dans sa version électronique uniquement, un dimanche après midi de surcroît.

18.12.2008

Forte mobilisation lycéenne en France malgré le recul de Darcos

Plus de 130.000 lycéens ont défilé jeudi en France, à l'occasion d'une journée d'action nationale visant à exiger l'annulation de la réforme du lycée et des suppressions de postes dans l'Education.

Les manifestants étaient 127.000, selon le ministère de l'Intérieur, et plus de 150.000, selon l'Union nationale lycéenne (ULN).
Malgré le report d'un an de la réforme, les jeunes emmenés par l'UNL et la Fédération indépendante démocratique et lycéenne (Fidl) restent déterminés et promettent de relancer le mouvement après les vacances de Noël.
Sous la pression, le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, a semblé reculer un peu plus en parlant de "rouvrir la totalité du dossier" et "d'états-généraux", mais les lycéens veulent entendre le mot "retrait."
"Nous repartons à zéro et ce n'est pas la peine de jouer sur les mots, il me semble que cette formule dissipe tous les doutes, tous les malentendus. Nous allons redémarrer sur un nouveau pied", a-t-il dit sur France Info.
Le ministre a également proposé d'organiser "une sorte d'états généraux du lycée à partir des établissements pour qu'on entende vraiment la parole lycéenne."
Soulignant qu'elle avait elle-même prévu des états-généraux fin janvier, la Fidl a répondu que Xavier Darcos devrait plutôt "entendre les revendications des lycéens."
A Paris, Lyon, Rennes ou encore Toulouse, les manifestations ont été émaillées d'incidents avec les forces de l'ordre. A Dijon, des lycéens ont bloqué des voies SNCF pendant une heure.
Dans la capitale, la manifestation entre le jardin du Luxembourg et les abords du ministère de l'Education nationale a réuni 13.600 personnes, selon les organisateurs.
Des violences ont éclaté en fin de parcours lorsque la police a isolé environ 200 manifestants boulevard des Invalides et fait usage de gaz lacrymogène.
Selon le rectorat de Paris, une quarantaine de lycées généraux et professionnels, sur un total de 105, étaient plus ou moins perturbés. Une soixantaine d'établissements étaient en outre mobilisés en région parisienne, selon l'UNL.
Les manifestants réclament l'annulation de la réforme du lycée, qui comprend notamment une refonte de la classe de seconde, et des 13.500 suppressions de postes prévues dans l'Education nationale pour la rentrée 2009.
LE GOUVERNEMENT DOIT "RENONCER"
De nombreux défilés ont eu lieu en régions comme à Lyon, où 5.000 lycéens - 10.000 selon les organisateurs - ont parcouru le centre-ville en direction du rectorat. Des incidents ont éclaté entre jeunes et forces de l'ordre, conduisant à une quarantaine d'interpellations.
A Bordeaux, entre 2.400 et 4.000 lycéens suivant les sources ont manifesté dans le calme. Ils étaient environ 4.000 à Marseille, selon la Fidl.
A Nantes, près de 5.000 enseignants, parents d'élèves et lycéens ont dénoncé "la casse de l'Education nationale" devant le conseil régional des Pays de la Loire.
A Rennes, 5.000 lycéens selon la police ont défilé pour "maintenir la pression". "Nous ne sommes pas dupes des promesses de Xavier Darcos qui ne fait que décaler les problèmes et retarder l'échéance", a déclaré Romain Lochet, élève de première ES à Rennes.
"On ne reprendra pas les discussions tant que le gouvernement ne renoncera pas aux suppressions d'emploi", a déclaré à Reuters la présidente de la Fidl, Alix Nicolet.
Les responsables lycéens ne doutent pas de la reprise du mouvement après les vacances de Noël, qui commencent vendredi. La FIDL appelle dans un communiqué à une nouvelle journée de mobilisation le jeudi 8 janvier.
C'est dans le souci affiché d'apaiser les esprits que l'Elysée a demandé à Xavier Darcos de retirer lundi sa réforme des lycées, que le président Nicolas Sarkozy continue toutefois de considérer comme "essentielle."
Le Premier ministre, François Fillon, a répété jeudi qu'il n'était "pas question d'enterrer" le projet.
"On a décidé sur le lycée de prendre plus de temps parce qu'il y avait une incompréhension généralisée", a-t-il dit sur Europe 1. "On va rouvrir la concertation. Donc on est prêt à accepter qu'il y ait des changements dans cette réforme".
Le chef du gouvernement a accusé le Parti socialiste de mettre de l'huile sur le feu dans une période difficile.
"Quand (le premier secrétaire du PS) Martine Aubry dit que le PS doit manifester avec les lycéens, c'est un choix qui en dit long. Je ne pense pas que ce soit le rôle d'un grand parti politique de gouvernement que d'être dans la rue".

Sarkozy accuse la gauche de mettre la "pagaille" à l'Assemblée

Nicolas Sarkozy a accusé jeudi l'opposition de mettre "la pagaille" à l'Assemblée nationale lors des débats sur la réforme de l'audiovisuel ou le travail dominical, s'attirant les foudres du Parti socialiste.

Après des débats électriques mercredi soir dans l'hémicycle, l'examen de la proposition de loi sur le travail le dimanche a été reporté au 15 janvier alors que le gouvernement espérait au départ le faire passer avant les vacances de fin d'année.
"L'opposition, si elle a des idées, qu'elle n'hésite pas à les donner pour résoudre les problèmes de la France. Je serai très heureux de les écouter et de les entendre", a déclaré le chef de l'Etat en marge d'une table ronde sur la ruralité dans les Vosges.
"Mais les injures, le blocage systématique, empêcher de voter des textes, empêcher des réformes pour le seul plaisir d'empêcher des réformes, inquiéter des jeunes pour le seul plaisir d'inquiéter des jeunes, ce n'est pas la démocratie, ça c'est la pagaille", a-t-il estimé, en allusion à la contestation de la réforme du lycée, finalement reportée d'un an.
Pour le président de la République, les députés de gauche donnent un mauvais exemple à l'heure où la France est plongée dans les difficultés économiques.
"A l'Assemblée nationale, on s'est un peu énervé. Ce n'est pas toujours un spectacle que peuvent comprendre les Français qui souffrent de la crise de voir les gens s'insulter, s'invectiver", a-t-il dit.
LES SOCIALISTES RÉAGISSENT
Mardi, lors des derniers débats sur la réforme de l'audiovisuel, les députés socialistes ont brandi dans l'hémicycle des affichettes portant l'acronyme ORTS pour "Office de radio et de télédiffusion sarkozyenne".
Mercredi, pour la séance de questions d'actualité, ils arboraient sur leurs vestes un autocollant rouge proclamant "oui au repos le dimanche".
"Je ne pense pas qu'en s'agitant avec des pancartes et avec des badges sur les bancs de l'Assemblée nationale, on rende particulièrement fiers les électeurs qui ont voté pour vous", a estimé Nicolas Sarkozy.
"Les gens n'ont pas voté pour nous pour voir un combat de boxe, pour donner un spectacle un peu ridicule et un peu paradoxal", a-t-il souligné.
"L'inventeur de la présidence-spectacle n'aime pas que l'opposition parlementaire lui fasse de l'ombre", lui a répondu, dans un communiqué, Jean-Marc Ayrault, le président du groupe socialiste de l'Assemblée.
"Non content de tout régenter dans l'Etat, le voilà maintenant qui veut dicter la manière dont l'opposition doit se comporter", ajoute-t-il en rappelant au président de la République "qu'il n'est pas le président de l'Assemblée nationale".
"Ce n'est pas l'opposition qui sème la pagaille. C'est cette frénésie de réformes inutiles, bâclées et bourrées d'injustices. C'est l'incapacité d'écouter tous ceux qui ne pensent pas comme lui", a conclu Jean-Marc Ayrault. "Alors oui, ne lui en déplaise, l'opposition se fait entendre. Et elle continuera de le faire. Sans lui demander la permission."

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