21.01.2009

PS: un contre plan de relance plus massif et plus équilibré

Un plan de relance: dans l'imaginaire socialiste, cette formule sent le souffre. Depuis que le gouvernement de Pierre Mauroy, rêvant de «changer la vie», a pris une cascade de mesures de relance pour stimuler la consommation et le pouvoir d'achat dans les mois suivant l'alternance de 1981, suscitant un spectaculaire gonflement des importations, et en bout de chaîne, deux plans de rigueur consécutifs, l'un en 1982, l'autre plus sévère encore en 1983, nul n'a jamais osé réveiller de si mauvais souvenirs. Aux oubliettes, la relance! L'orthodoxie est devenue la règle. Et même Lionel Jospin, qui avait espéré pouvoir un jour «refermer la parenthèse» de la rigueur a été bien loin, au lendemain de 1997, de tenir son engagement.

 

C'est dire si le «plan de relance» que doit dévoiler le Parti socialiste (PS), mercredi 21 janvier, est important. Non pas pour la vie quotidienne des Français: car ce plan, élaboré par un parti d'opposition, ne s'appliquera pas; c'est juste un exercice à blanc –histoire de démontrer, par contraste, que le plan de Nicolas Sarkozy est économiquement discutable et socialement inéquitable. Mais important, ce plan de relance l'est sur le plan symbolique: les socialistes, désormais dirigée par Martine Aubry, veulent faire la démonstration qu'ils ne restent pas prisonniers des tabous du passé, et qu'ils sont sur la voie d'un rebond. Sinon d'une refondation doctrinale.

 

La démonstration est-elle probante ? En fait, mardi 20 janvier dans la soirée, à l'heure où était écrit cet article, tous les «arbitrages» socialistes n'avaient pas encore été rendus. Après que de nombreux experts eussent été consultés (les deux Cohen, Daniel et Elie; de nombreux experts de l'OFCE...), d'ultimes débats socialo-socialistes avaient encore lieu sur le calibrage de certaines mesures: sur l'ampleur d'une baisse de la TVA; et sur d'autres dispositions plus modestes. Puis mercredi matin dans la matinée, le plan de relance, pour fictif qu'il soit, devait encore être entériné par le bureau national du PS, avant d'être dévoilé mercredi en début d'après midi à l'occasion d'une conférence de presse.

 

Commentaires

Le meilleur plan de relance : la création de 1,6 millions d'emplois !
...en généralisant la semaine de 4 jours à la carte pronée par Pierre Larrouturou, et expérimentée depuis 14 ans dans 400 PME/TPE. Sa généralisation créerait au minimum 1.6 million d'emplois en CDI, sans 1 ct d'augmentation des impôts des contribuables ni des charges des entreprises (étude Ministère du Travail/Caisse des Dépôts/Patrick Artus).

"Stupide !" répondez-vous ? je vous concède que cette mesure est difficile à "caser dans la conversation" tant elle paraît utopique dans le contexte de matraquage idéologique actuel.
Alors juste quelques exemples : Mamie Nova, Télérama, Fleury Michon et 400 PME/TPE (labos - informatique - petits commerces - auto-écoles) sont à 4j depuis + de 10 ans et cartonnent - gains de motivation des équipes, moins de fatigue/stress, meilleur équilibre vie pro/vie perso => compétitivité de l'entreprise augmentée!

Aux USA et en GB, malgré une croissance de + de 4%/an jusqu'au début 2008, le temps de travail moyen constaté hors chômeurs est tombé respectivement à 33,7h/semaine et 32.1 (36,2 en France) ! Dans l’industrie et les services à haute valeur ajoutée, il est de + de 40h/s, mais ne concerne plus qu’à peine les 2/3 des emplois, le reste de la population active n’a droit qu’à des petits boulots de quelques heures/s. Et cette précarité est elle-même due à l’explosion de la productivité réalisée en 45 ans : multipliée par 5 (informatique, robotique, formation), alors que durant les 150 années pécédentes elle n’a été multipliée que par 2 ! Dans le même temps (45 ans donc) la durée légale de travail hebdomadaire est restée en gros partout à 40h/s. Le temps de travail a donc été réparti de manière anarchique par le marché, entre d’une part ceux qui font jusqu’à 70h/s (et qui aimeraient faire moins pour la plupart), ceux qui ne récupèrent que les "miettes" de quelques h/s et enfin les chômeurs qui font 0h/s.
En France, les centaines de milliers d'emplois créés récemment sont pour la plupart des emplois aidés à temps partiel, alimentant par wagons entiers l'armée de précaires que notre société produit à la chaîne depuis des décennies...
Dans de telles conditions, par peur de basculer du "mauvais côté", la négociation salariale ne se résume souvent qu’à un : "Si t’es pas content tu peux aller voir ailleurs" !

La semaine de 4j n'a rien à voir dans son mode de fonctionnement et financement avec les 35h (dont Larrouturou prédisait l'échec dans : "35h, le double piège" paru en 1998 !), elle ne coûte rien à l'état (financement UNEDIC), rien à l'entreprise et lui permet d'embaucher au moins 10% de personnel sans un centime d'augmentation de la masse salariale, et rien aux salariés dont le salaire est sous les 1500 euros net/mois (certaines entreprises n'ont baissé aucun salaire).

Le cercle vertueux attendu est : 1,6 millions d'emplois stables créés => 1.6 millions de familles retrouvant un réel pouvoir d'achat => + de consommation et de cotisations sociales=> + de croissance et - de déficits => encore moins de chômage et de précarité => réquilibrage du rapport de force salariés/employeurs => augmentation globale des salaires et donc du pouvoir d'achat pour tous.

http://www.nouvellegauche.fr

Ecrit par : MKL | 21.01.2009

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