17.04.2009
Les réactions à la crise ont-elles été appropriées ? (4ème chronique)
1. On a évité les erreurs de 1929.
Les Etats sont intervenus pour sauver le système bancaire et soutenir l’activité. Les banques centrales elles aussi ont plutôt bien réagi, en n’hésitant pas à remettre en cause certains dogmes (pas de financement monétaire, priorité à la lutte contre l’inflation).
2. Mais les gouvernements n’ont jamais su anticiper. Ils se sont contentés de réagir, souvent avec un temps de retard.
- Au moment de la crise des subprimes, personne ou presque ne réalise qu’elle va s’étendre à l’ensemble du système financier.
- En France, il faut attendre l’alerte de la BNP (10 août 2007) et aux Etats-Unis celle de Lehmann Brothers (15 septembre 2008) pour que les gouvernements prennent conscience de l’ampleur de la crise.
- Le soutien aux banques, comme les plans de relance, se sont faits en plusieurs phases, ce qui montre bien qu’il étaient insuffisamment dimensionnés. Les Etats se sont ainsi privés d’un « choc de confiance ». Les corrections permanentes ont au contraire engendré le doute, alors qu’on sait le rôle essentiel des anticipations.
3. Le plan de relance français a été trop tardif, insuffisant et déséquilibré. Insuffisant : le chiffre annoncé de 26 milliards d’euros est en « trompe l’œil » (Daniel Cohen). Selon le FMI, le plan français équivaut au mieux à 0,9 % du PIB alors qu’il aurait fallu viser 3 %. Déséquilibré : il oublie presque complètement le pouvoir d’achat. En effet, il ne suffit pas d’aider les entreprises, il faut qu’elles trouvent des clients et la majorité des clients sont en France. Comme l’a proposé le PS, il fallait un plan qui marche sur deux jambes : investissement et consommation.
4. Surtout il n’y a pas eu une coordination internationale suffisante. En Europe, nous avons assisté à la juxtaposition de mesures nationales décalées dans le temps. Un vrai plan européen aurait du prévoir des relances coordonnées, annoncées le même jour, assorties de mesures transnationales (emprunt massif de la banque européenne d’investissement pour des grands travaux).
5. Comme je l’ai dit, l’effet du G20 reste douteux. Le G20 a eu le grand mérite d’exister et de donner une image de consensus. Mais le contenu, en termes de relance, est très ambigu. On additionne des choux et des carottes. La seule nouvelle vraiment importante est le triplement des ressources du FMI. Mais ce n’est pas une arme pour la relance, ces ressources permettront seulement (et ce n’est pas rien) d’éviter la banqueroute de certains pays, en Europe ou ailleurs. Reste à savoir s’il s’agit vraiment de ressources nouvelles ou d’une simple agrégation de ressources existantes, comme le soulignent Mustapha Sadni et Hakim Ben Hammouda.
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Comment la crise s’est-elle déroulée ? (3ème chronique)
D’où vient la crise ? (2de chronique)
À propos du G20 : la crise était-elle prévisible? (1ère des 7 chroniques sur la crise)
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