30.05.2009

Jouer avec les inquiétudes des citoyens

Quel terrible aveu d'échec ! En écoutant le président de la République dresser le constat du durcissement des violences, il y avait de quoi se demander qui est en charge de la sécurité des Français depuis 7 ans...

Le Président de la République fait preuve d'une malhonnêteté incroyable en prétendant que l'insécurité connaitrait une "évolution défavorable" depuis... deux mois, comme si la présence d'armes dans certains quartiers, les intrusions dans les établissements scolaires, les phénomènes de bandes étaient une découverte récente. La ministre de l'Intérieur appréciera.
Quant aux mesures annoncées par le chef de l'Etat, on connait la technique : c'est celle des annonces en rafale destinées à saturer les médias.

Certes, il faut noter un mea culpa sur l'absence totale de politique de prévention. Pour le reste, il s'agit de la reprise des précédentes annonces du 18 mars (Gagny), 24 mars (Saint-Quentin), et 21 avril dernier (Nice).

Hélas, les Français savent que ce genre d'annonce sont le plus souvent sans lendemain.

Ainsi, la "reconquête prioritaire" de 25 quartiers annoncée aujourd'hui correspond, mot pour mot, au discours prononcé le 14 janvier 2004, par le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, qui annonçait alors que "l'Etat de droit" serait rapidement restauré dans "23 quartiers prioritaires",... dispositif dont on attend encore les résultats.

Concernant les violences scolaires, plutôt que de miser exclusivement sur des dispositifs technologiques coûteux dont l'efficacité est loin d'être démontrée, le gouvernement ferait mieux de créer un nouveau corps de surveillants chargés de l'encadrement et de la sécurité dans les établissements scolaires les plus exposés aux violences. Rappelons que le taux d'encadrement des élèves a été divisé par deux depuis les années 70 et que 24300 postes de surveillants ont été supprimés depuis 2003.

Il est regrettable qu'à aucun moment le président de la République ne se demande pourquoi les mêmes mesures et les mêmes proclamations de fermeté depuis des années ne marchent pas sur le terrain.

Nicolas Sarkozy n'a pas compris que face à la violence, les Français n'attendent plus des discours mais des actes. Mais sans doute l'effet recherché n'est pas celui de l'efficacité contre l'insécurité, mais seulement de jouer avec les inquiétudes des citoyens.

Par Delphine Batho

Discours de Ségolène Royal

Discours de Martine Aubry

26.05.2009

LE VRAI PROGRAMME ANTISOCIAL DE L’UMP

Communiqué de presse de Harlem DÉSIR

 

FRÉDÉRIC LEFEBVRE DÉVOILE

 

LE VRAI PROGRAMME ANTISOCIAL DE L’UMP

 

 

Le porte-parole de l'UMP, en demandant que les salariés travaillent pendant leurs congés maladie et leurs congés maternité, vient de démasquer le vrai visage antisocial que la droite tente de cacher aux Français dans cette campagne européenne.

 

La droite essaie de bâillonner ce porte-parole embarrassant qui vient de dévoiler son vrai projet ultralibéral pour la France et l'Europe : après le 7 juin, tous les mauvais coups de la droite contre les droits sociaux seront permis !

 

Alors que Michel Barnier mène une campagne trompeuse sur l'Europe qui protège, le porte-parole de son parti propose une régression sociale odieuse et sans précédent pour les salariés malades ou parents. Frédéric Lefebvre vient de faire éclater au grand jour l'hypocrisie de la campagne de Michel Barnier.

 

J'invite les Français à refuser ce programme de casse des droits sociaux les plus fondamentaux reconnus au plan européen et à se prononcer pour le seul parti qui œuvre vraiment à l'Europe sociale: le Parti socialiste.

24.05.2009

Le manifeste : le projet des socialistes européens

Le Manifeste du PSE est un document élaboré à partir du travail de milliers de militants de tous les partis socialistes d’Europe. Il est unique en son genre car il est le seul programme commun pour ces élections. Aucune autre formation siégeant au Parlement européen n’a été aussi loin. Il est le résultat également d’un travail mené par des partis confrontés à des réalités différentes – certains sont au pouvoir, d’autres sont dans l’opposition - mais animés par des ambitions communes.
Nous y avons intégré toutes les options politiques qui expriment face aux électeurs notre projet politique commun pour l’Union européenne en insistant sur le clivage gauche-droite. Le manifeste de 2004 n’était que le résultat de discussions entre dirigeants des partis membres. Nous voulions le rendre plus vivant et concret, pour relancer l’intérêt des citoyens dans ces élections plombées par l’abstention.



Poul Nyrup Rasmussen, président du Parti socialiste européen (PSE ou PES en anglais), a proposé de changer profondément ce processus : le Manifeste a été préparé par des propositions recueillies à la base des partis membres. C’était une démarche sans précédent.


Les militants pouvaient soit envoyer leurs idées sur le site manifesto2009.pes.org ou monter des débats dans leurs régions sur les thèmes choisis.

Le Manifeste a ainsi reçu les contributions de milliers de militants de toute l’Europe. Preuve que « les citoyens d’abord », c’est plus qu’un slogan, c’est déjà une pratique politique chez les socialistes.


Le 12 mars dernier, les militants socialistes français ont également adopté un texte d’orientation "Donner une nouvelle direction à l'Europe", pour enrichir le manifeste européen, avec nos spécificités, notre approche des problèmes mais aussi ceraines de nos réponses.

Les socialistes français disposent donc aujourd’hui de deux textes fondamentaux pour entamer la campagne des élections européennes.

Les socialistes européens sont unis pour réaliser concrètement ce changement et remettre les citoyens au cœur d’une Europe plus sociale, plus écologique, plus solidaire. Le Parti Socialiste français mène, avec ses partenaires européens, la première campagne européenne à l'occasion de ces élections. Parce que les problèmes sont communs, les réponses sont communes et la campagne doit l’être tout autant.
 
Il faut donc créer le mouvement qui portera demain une majorité de gauche en Europe. Mobilisons nous pour faire connaître le Manifeste !

 

Résumé du Manifeste : Citoyens d’abord

Un nouveau sens pour l’Europe

Lors des élections européennes de 2009, le vote de chaque citoyen sera décisif.

Face à des défis sans précédent, les citoyens européens devront choisir entre une Union européenne

progressiste, dans laquelle les Etats membres travaillent ensemble et dans l’intérêt des Européens, et

une Europe conservatrice qui abandonne l’avenir de nos pays et de leurs citoyens aux mains du

marché.

Le Parti socialiste européen, lui, s’engage à créer une société plus juste et plus protectrice, en disant :

« les citoyens d’abord ». Une coopération plus intense et plus efficace en Europe permettra de

relever les défis et d’améliorer la vie des citoyens. Nous nous engageons à :

1. Relancer l'économie et éviter le retour des crises financières

2. Faire progresser la justice dans la nouvelle Europe sociale

3. Mettre l’Europe en tête de la lutte contre le changement climatique

4. Parvenir à l'égalité des sexes en Europe

5. Donner à l’Europe une politique d’immigration pour le progrès

6. Faire de l'Europe un partenaire fort pour la paix, la sécurité et le développement

Nous proposons 71 actions concrètes, parmi lesquelles :

‐ Une croissance écologique et innovante qui créera 10 millions d’emplois nouveaux

‐ Une nouvelle régulation des marchés financiers s’appliquant à tous les acteurs financiers

‐ La réduction des émissions de gaz à effet de serre pour les industries telles que le transport et la

construction

‐ Un Accord européen sur les salaires garantissant un salaire minimum décent dans tous les Etats

membres

‐ L’intensification de la lutte contre le trafic de femmes et d’enfants à des fins d’exploitation

sexuelle.

Notre plan de réformes progressistes apportera le changement que les citoyens attendent d’urgence.

Dire « les citoyens d’abord », c’est aussi créer des emplois.

Pour mener ces réformes, nous avons besoin d’une forte majorité de gauche au Parlement européen.

Avec les partis socialistes, sociaux‐démocrates, travaillistes et démocrates progressistes d’Europe,

nous proposons de créer cette majorité, afin de défendre vos intérêts et soutenir vos causes.

Avec nos valeurs communes et une même vision politique, nous travaillerons ensemble à une

Europe plus juste, plus sûre et plus respectueuse de l’environnement. Rassemblés, nous

sommes une force pour le changement.

Nous pouvons construire une société plus juste en disant : « les citoyens d'abord ».

En juin 2009, donnons un nouveau sens à l'Europe.

21.05.2009

Europe : Gabin visionnaire

20.05.2009

Dépendance : le temps d'agir

L’ensemble des experts qui se sont exprimés dans ce débat s’accordent, sous différents points de vue - social, économique, politique…- pour considérer que si le vieillissement de la population constitue une formidable avancée pour nos sociétés, ses conséquences presque mécaniques en matière de dépendance, font de la prise en charge d’un nombre croissant de personnes très âgées en perte d’autonomie un défi d’une ampleur inconnue jusqu’alors, qui ne peut que s’accentuer rapidement.

Un assez large consensus existe aussi, dans notre pays, pour saluer les progrès accomplis depuis une dizaine d’années, dont la création de l’APA, sous l’égide du gouvernement Jospin, a représenté le point d’orgue : en effet, que serait l’ampleur de nos problèmes actuels si ce texte n’existait pas, surtout à l’aune du système qui le précédait, la Prestation spécifique dépendance (PSD), beaucoup moins favorable et aujourd’hui tombée dans un légitime oubli !

De même, par la suite, deux dimensions organisationnelles sont venues heureusement donner corps à cette grande réforme.

D’abord, le rôle et la pertinence de la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) sont largement acceptés par les différentes parties (conseils généraux, professionnels, usagers et organisations syndicales) qui participent à sa gouvernance. Il est clair que si le fameux « 5ème risque » voit le jour, la CNSA a vocation à en être le pivot.

Ensuite la loi créant l’APA a confié aux conseils généraux la gestion de la prestation. Depuis 2001, les départements ont fait globalement un travail efficace en mobilisant et en formant des équipes administratives et des équipes médico-sociales compétentes, en raccourcissant très sensiblement les délias de traitement des dossiers. Là encore, on peut légitimement s’interroger sur ce qu’aurait pu devenir le nouveau système sans cette implication pratique, au jour le jour.

Pourtant, chacun voit bien que les ambitions du législateur n’ont pas résisté aux tentations gestionnaires de la période et, ce qui me semble plus grave, à une pratique gouvernementale parfaitement antinomique avec un discours en apparence stable, dans la priorité affichée envers ces questions. On a beaucoup parlé des personnes âgées, aux personnes âgées, surtout pendant la dernière campagne présidentielle, mais très peu de ces reculs constants.

En effet, la gauche a créé l’APA en 2001 comme un premier pas, décisif, vers une 5ème branche. Ainsi, alors que la PSD renvoyait le financement de cette prestation à 100% aux seuls conseils généraux, l’APA, elle, était censée être financée à 50/50 par l’Etat et les conseils généraux.

Or, cette clé de partage a volé en éclats, puisque, dès 2007, l’APA était financée aux ¾ par les seuls départements, cette dérive majeure accentuant évidemment la fracture territoriale qui sépare départements « pauvres et vieux » des départements « jeunes et riches ». Président le conseil général des Alpes de Haute Provence, j’ai pu concrètement en mesurer les effets pour une petite collectivité essentiellement rurale. Cette évolution tourne donc clairement le dos à la solidarité nationale, qui est la seule échelle pertinente pour assumer une telle politique : qui peut considérer comme normal que les jeunes des Alpes de Haute Provence « paient » seuls pour les anciens sur ce territoire, à l’intérieur duquel se trouverait confinée une redistribution entre générations, dès lors illusoire ?

Outre ce recul fondamental, l’APA, malgré son apport essentiel, se révèle encore trop limitée pour permettre de rendre le maintien à domicile totalement effectif pour tous, qui correspond, très naturellement, à une attente croissante.

Comme le nombre de personnes âgées dépendantes va inéluctablement augmenter d’environ 1 à 2% par an dans les prochaines années, il va bien falloir mieux prendre en compte les nouveaux besoins, à domicile pour permettre d’augmenter le volume d’aide, mais aussi en EPHAD pour contribuer à diminuer un « reste à charge » de plus en plus difficile à supporter par les intéressés et leurs familles.

La dignité commande de ne pas négliger non plus la question du « pécule », souvent très modeste, laissé aux résidents, du fait même des charges de structure et d‘hébergement qui obèrent les coûts des établissements. Combien de couples quinquagénaires actifs ont aujourd’hui les plus vives difficultés à assumer les prise en charge de parents très âgées, tout en continuant de soutenir leurs enfants en butte à des problèmes d’emploi !

Dans ces conditions, les solutions à apporter relèvent certes d’une volonté bien plus nette du politique, pour déjà remédier aux dérives enregistrées depuis 2002, mais surtout afin de mettre en place un dispositif « soutenable ».

Le cynisme consistant à renvoyer chacun à son propre effort d’assurance ne peut faire illusion. Comme plusieurs intervenants le relèvent avec justesse, la solidarité nationale doit être le socle de cette politique, pas un simple adjuvant. Il y aurait d’ailleurs un grand paradoxe à défendre le principe d’une protection sociale collective et à en dénier parallèlement les vertus pour ce 5ème risque, dont la « numérotation » ne doit pas nous faire oublier qu’il est certes le dernier en date de nos grands systèmes sociaux, mais pas le moindre en importance.  Il est vrai que les mêmes qui voudraient renvoyer à la seule assurance individuelle la prise en charge du vieillissement, ont pour la sécurité sociale un attachement probablement de pure façade…

En toute logique, les conditions de financement du 5ème risque doivent être considérées dans le cadre plus large des enjeux économiques de la protection sociale. Le véritable délabrement des comptes sociaux, amorcé depuis 5 ans et évidement aggravé par la crise, à défaut d’en être une simple résultante, nous rappelle qu’en la matière, tout se tient.

Pourtant, si l’on considère le sujet de la dépendance d’un point de vue intrinsèque, les surcoûts à prendre en compte demeurent, toutes choses égales par ailleurs, relativement limités.

Comme, précisément, la sortie de crise va être douloureuse et lente, le risque est donc grand de devoir attendre un hypothétique redressement des finances sociales, pour que les choses changent. Il me semble clair que la tactique de la fuite en avant tient lieu, désormais, de stratégie au gouvernement : quand il sera « trop tard », l’appel à la responsabilité individuelle des assurés et la remise au jour des vieux outils de l’aide sociale pour les plus modestes (récupération sur succession notamment), tiendront lieu de viatique : ce sera, en somme, à prendre ou à laisser.

Dans ces conditions, augmenter les moyens disponibles par un recours spécifique à la CSG me paraît la moins mauvaise des formules. Une augmentation modeste dégagerait des marges non négligeables, dans le cadre d’un prélèvement socialement plus juste que les autres et surtout avec un ciblage clair. Rien n’empêcherait d’ailleurs de procéder par étapes, sur la durée, sans s’interdire au fil du temps des redéploiements avec des dépendances rendues moins nécessaires, par exemple en matière de prise en charges classiques par l’assurance-maladie.

Qu’ensuite, des systèmes conventionnels, y compris à travers des accords de branche ou d’entreprise, se développent parmi les salariés sur une logique de complémentarité, au même type que la prévoyance pour faire face à ce « risque », sera tout à fait bienvenu. Cela peut même constituer un nouveau terrain de dialogue social, se situant  à une sorte d’intersection naturelle entre la santé et la retraite.

Dans ce cadre, la CNSA pourrait naturellement se voir adosser le pilotage de la nouvelle  branche et garantir un traitement équitable de tous sur tout le territoires, tandis que les  conseils généraux, gestionnaires de proximité, pourraient alors exercer leurs missions sur des bases durablement saines.

Toutes ces pistes concrètes, avaient été développées et détaillées par Ségolène ROYAL lors des élections présidentielles : elles demeurent plus que jamais pertinentes et urgentes.

Si l’on mesure l’état d’une société à la manière dont elle traite ses anciens, on ne peut, sans nier les progrès réalisés, considérer le bilan de la France comme véritablement à la hauteur d’une grande Nation. Je ne sais si ce grand sujet sera un thème de la future campagne présidentielle de 2012, mais j’ai la conviction que nous ne pouvons plus encore attendre trois ans pour que l’Etat fasse son devoir. J’ajouterai que les Français seraient bien inspirés de demeurer vigilants sur ces questions, qui ne figurent pas de manière très nette, à ce jour, dans les grandes revendications sociales, de sorte que la pression mise sur les pouvoirs publics pour les prendre à bras le corps demeure très diffuse. Or, mettre en œuvre véritablement ce 5ème risque suppose que tous les acteurs se mobilisent, partenaires sociaux, élus nationaux et locaux, mais aussi acteurs économiques, car ce secteur est riche en perspectives de développement et d’emplois non délocalisables.

C’est un combat que nous devons mener avec force et dans lequel je m’engage personnellement.

Jean-Louis Bianco

Les violences augmentent, le gouvernement regarde

Des policiers se font tirer dessus à l'arme lourde, mais pour Xavier Bertrand "l'insécurité recule". Bref, pour le secrétaire général de l'UMP tout va très bien Madame la Marquise...

Il devrait sortir de ses bureaux et ouvrir un peu les yeux. Multiplication des braquages, affrontements entre bandes ou contre les forces de l'ordre, jeunes et professeur victimes de coup de couteaux,... les violences sont partout en augmentation et le gouvernement reste spectateur.

La vérité est celle-ci : le gouvernement ne maîtrise plus la situation face à l'escalade de violences qui ont augmenté de 46,5% depuis 2002.

C'est  le résultat d'un manque évident de fermeté et de l'absence totale de toute politique éducative et de prévention. Les quartiers de banlieues sont victimes d'une politique de sécurité à deux vitesses dont ils ont été les grands oubliés pendant près de 7 ans, laissant le terrain libre à une délinquance endurcie.

Après Gagny et les Mureaux, Nicolas Sarkozy avait déjà annoncé une 15ème loi, faisant suite aux 14 précédentes.

Après La Courneuve, que va-t-on nous annoncer ?

Combien de drames, de victimes, et de policiers blessés faudra-t-il attendre pour que la droite regarde enfin les choses en face et change radicalement de politique ?

Delphine Batho

 

Pour l'unité des socialistes

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