10.06.2009

Une analyse intéressante…

Marianne de Créteil nous fait part de son analyse sur ce qui est arrivé au PS.

Bonjour à tous,

Chacun voit la situation selon son angle de vue et a, du coup, forcément, un aperçu réel de la vérité… mais qui n'est pas La Vérité ! La vérité, elle ne surgit que dans la multiplicité des points de vue, des discours, des analyses… dans le dialogue, en somme.. A mon tour, dans cette perspective, d'apporter une pierre (modeste) à l'édifice d'analyse que nous sommes en train de construire pas à pas devant ce scrutin des élections européennes.

Je crois, je suis même persuadée, que le scrutin d'hier est la manifestation d'une vraie révolution politique à l'oeuvre dans notre pays depuis 2002… (certains pourraient même dire depuis 1997). Je m'explique.

En 2002, donc, Lionel Jospin ne parvient pas au 2nd tour des élections présidentielles pour plusieurs raisons évoquées depuis lors : l'émiettement sur plusieurs candidats de gauche (Taubira, Chevènement…), l'autisme du candidat du PS, la montée des extrémismes… J'avoue que le 1er argument m'a toujours fait beaucoup sourire : si l'on a envie de voter pour quelqu'un d'autre que le candidat du PS, ça n'est pas juste parce que d'autres trombines plus sympathiques se présentent… En tout état de cause, ce qu'on n'a pas voulu voir, et nonobstant la responsabilité réelle de Jospin dans ce naufrage, c'est quand même que le PS était arrivé au bout de son système, peut-être même déjà à la fin de son histoire, incapable de se projeter dans le 21ème siècle, incapable de moderniser une démocratie en souffrance, déjà perclu de haines.

En 2004, arrive un nouvel épisode de cette révolution : les régionales. Je me souviens de la une de 20 minutes le lendemain des régionales (”il en reste une, en haut, à droite”), sur fond de carte de France ultra rose. A l'époque, ce scrutin m'avait ému, voire franchement paniqué. Parce qu'il n'était de mon point de vue qu'une nouvelle manifestation de cette désaffection croissante des citoyens à l'égard de leurs élus, quel que soit leur bord, se traduisant par un certain irrationalisme politique. Pourquoi le PS avait-il gagné ? Parce qu'il proposait un programme novateur, rencontrant les aspirations des Français ? Absolument pas ! tout simplement parce que certains citoyens avaient voulu réparer leur mauvaise conscience de 2002 et parce qu'il était nécessaire de sanctionner violemment le gouvernement de droite de l'époque… La vie politique en France a toujours connu ce rythme de balancier… mais jusque là, ce rythme s'appuyait en grande partie sur la vigueur des programmes défendus.

Arrive le référendum de 2005. J'ai voté OUI, avec enthousiasme, avec vigueur. Aujourd'hui encore, je suis très heureuse et fière de mon choix et reste persuadée que l'Europe n'en serait pas là si le oui était passé en France. Mais voilà, les citoyens en ont décidé autrement. Pour des raisons (je parle des citoyens de gauche, bien sûr) que je comprends tout à fait : l'éternel débat entre la fin et les moyens pour y parvenir.

Mais, quand même, si l'on se penche sur le résultat final de ce référendum et si l'on prend en compte les partis qui avaient appelé à voter Oui, l'on peut considérer que c'est une nouvelle manifestation du divorce entre les citoyens qui sont sensés les représenter !

Depuis ce temps-là, mes combats politiques se retrouvent autour de plusieurs préoccupations :

  • - comprendre les causes de la fracture démocratique qui fragilise notre pays ;
  • - agir avec constance pour résoudre cette difficulté essentielle ;
  • - oeuvrer pour qu'émerge un idéal novateur à gauche, fondé sur la justice, l'égalité, le respect, l'ouverture à l'autre et au monde, l'harmonie avec notre environnement.

La suite : http://dastmande.unblog.fr/2009/06/09/une-analyse-interes...

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