04.11.2009
Pour DSK, 11€ de plus pour le smic ukrainien, c'est trop !
A l'annonce de l'augmentation de 20% du salaire minimum validée par le président ukrainien, Dominique Strauss-Kahn a hurlé au déficit ! Rapporté au revenus nationaux, l'augmentation représenterait un peu plus de 10€ par mois...
Halte là ! Le président du Fonds monétaire international veille ! Quand il voit un Etat frappé de plein fouet par la crise montrer des velléités de politique sociale, Dominique Strauss-Kahn rappelle aux sacro-saints principes du Fonds. A peine le président ukrainien Viktor Iouchtchenko a-t-il esquissé le projet d'augmenter le salaire minimum ukrainien de 20% que DSK a frappé du poing sur la table : face au risque de voir le déficit budgétaire de l'Etat ukrainien croître de 10 milliards de dollars, il a menacé de ne pas mener à son terme le quatrième versement du programme d'aide du FMI d'un montant total de 16,4 milliards.
Le monopole total du FMI sur l'aide aux pays frappés par la crise...
Mais c'est là l'insigne atout de cet organisme : «le FMI traite avec des pays à qui personne ne veut prêter, concédait Valdis Dombrovskis, Premier ministre letton. Il est presque toujours dans une situation de monopole !» Aidé par le Fonds, la Lettonie a réalisé que les schémas sur lesquels étaient bâties ses prévisions étaient trop optimiste : là où les économistes du FMI prévoyait 5% de récession, le pays s'achemine désormais vers 18% de recul du PIB, une situation dans laquelle les objectifs de déficit du FMI (5%) sont intenables...
Mais l'argument ne semble pas avoir plus porté pour l'Ukraine, dont la devise a pourtant perdu un cinquième de sa valeur en une semaine fin octobre. Plutôt que de s'attarder sur la situation de ce pays, le FMI se contente d'appliquer sa grille de lecture et de rappeler à l'ordre les autorités locales si elles dépassent les 5% de déficit public. Pour avoir brisé le thermomètre de Washington, le patient Ukraine pourrait bien se voir couper la perfusion.
En imposant la même logique délétère du FMI, qui a déjà fait faillite en Amérique Latine dans les années 1980 et 1990, DSK se donne peut-être tous les moyens de plaire aux tenants du dogme neolibéral. Mais il se met dans une piètre posture pour devenir le challenger de Sarkozy en 2012 : le Smic français vaut 18 fois celui de l'Ukraine. Est-ce bien raisonnable, Monsieur le Directeur général du FMI ?
13:39 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note













Commentaires
aïe aïe aïe
Il est vraiment temps que naissent une nouvelle génération de leader en France.
Il n’est pas possible que DSK soit même candidat à la présidentiel de notre pays! Souvenez vous il y a quelques jours : DSK se disait “inquiète” après la promulgation par le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, d’une loi augmentant le salaire minimum de 11 % au 1er novembre. Alors que le pays est entrain de traverser une grave crise sanitaire, il ne s’est pas inquiété un moment du financement des dispositifs pour faire face à la maladie.
Nous ne pouvons pas admettre un tel mépris de la population!
David C.
david.cabas.over-blog.fr
Ecrit par : David C. | 07.11.2009
Ecrire un commentaire