06.11.2009

Mi mandat ! Bientôt la quille !

Deux ans et demi de gesticulations , d'agitation et de promotion des inégalités et de l'injustice sociale, de bling bling, de passe droits, de mauvaise gestion, de dépenses exponentielles d'apparat et de communication.... mais aussi de disette pour les services publics, l'éducation,la culture,la recherche...

 

En bon camelot très bien conseillé par les plus grands cabinets de marketing le candidat Sarkozy avait su adopter les formules qui firent mouche : « travailler plus pour gagner plus » et « je serai le président du pouvoir d'achat ».

 

Sauf qu'à mi mandat on peut affirmer aujourd'hui que ces promesses d'arracheur de dent ont bel et bien été enterrées à 40 000 pieds sous terre.

 

En effet le bonheur des uns ne faisant pas nécessairement celui des autres en seulement deux ans la condition de la majorité des français s'est considérablement dégradée alors que celle des plus fortunés s'est confortablement améliorée.

 

Ainsi en réalité la majorité des français a pu s'assoir sur son pouvoir d'achat tout en travaillant plus pour moins alors qu'une minorité a été volontairement favorisée par la politique gouvernementale au nom d'un dogmatisme libéral d'un autre siècle.

 

Deux ans pendant lesquels on a essayé de nous faire avaler la couleuvre d'un pimprenelle de l'environnement et d'une droite qui aurait eu soudainement une révélation écologique tout en conduisant une politique inverse au développement durable.

 

Deux ans et demi durant lesquels la France s'est Berlusconisée au rythme d'une connivence sans précédant avec les médias télévisuels et d'une absence de distance.

 

Mais ouf ! La moitié du chemin est fait !Sauf que le pire n'est-il pas à venir ? On apprend d'ailleurs aujourd'hui que finalement le Président a tranché pour un emprunt autour de 50 milliards au lieu des 100 milliards annoncés.

 

Celui qui s'est permis un repas à plus 4000 € par convive durant la présidence européenne apparaitrait presque raisonnable.

 

Sauf que 50 milliards d'emprunt pour quoi faire ? Pour compenser les allégements d'impôts sur les grandes fortunes?

 Pour pallier à une politique économique inefficace ? Pour combler un déficit structurel ?

 

Un emprunt est pertinent lorsqu'il sert un projet et qu'il permet l'investissement.

 

Lorsqu'il sert à pallier à un déficit structurel ce jeu dangereux s'apparente à ce que l'on appelle communément la « cavalerie » ou une sorte de crédit révolving d'état.

 

Une fois le temps des illusionnistes médiatiques révolu, cette mauvaise gestion constituera un handicap pour la France et le gouvernement qui devra récupérer cinq années de politique hasardeuse et incohérente.

 

Section socialiste Béziers-Nord 2ème canton

Besson accueilli sous les huées à Sciences Po

Le ministre de l'Immigration participait jeudi à une conférence sur la promotion de la diversité. 150 étudiants, opposés au débat sur l'identité nationale, lui avaient réservé un comité d'accueil...

Eric Besson a le sens de l'humour. Hué par les étudiants de Sciences Po Paris, jeudi soir, lors d'une conférence sur la promotion de la diversité dans les entreprises, il a déclaré une fois reparti par la porte de derrière : «C'était sympa. Ça m'a permis de chanter la Marseillaise en arrivant ce qui ne m'était jamais arrivé dans cet amphi lorsque j'y étais étudiant.»

Attendu à 16 h30, le ministre est arrivé avec deux heures de retard. Pour l'accueillir, 150 étudiants irrités par le débat sur l'identité nationale et soucieux de le faire savoir. Et une banderole «Identité cassoulet».

«Rien que les termes du débat m'énervent. Pourquoi ne pas parler de citoyenneté ? Qu'est ce que ça veut dire “Identité nationale”», lance une étudiante, en équilibre sur une marche d'escalier. «Le débat est complètement faussé, on mélange tout, immigration et identité», enchaîne une autre, les cheveux en bataille.

«Ils ont verrouillé les entrées»

Dans les couloirs, ce jeudi soir, 150 élèves protestent à coups de «Besson Démission» ou de «Régulariser les sans-papiers.» On entend aussi, toutes les 2-3 minutes, «Travail, famille, patrie, c'est pas ça notre identité.»

«C'est ça qu'il appelle le débat ?», peste Andréa, 20 ans, la voix fatiguée d'avoir crié. Comme la plupart des élèves, elle vient de se faire refouler à l'entrée de l'amphi où se déroule la conférence. «C'est difficile d'avoir un débat quand on ne laisse pas les gens s'exprimer !», râle t-elle. «Ils ont verrouillé les entrées et on n'a même pas vu Eric Besson arriver. Il est passé par une porte de derrière, c'est courageux».

Plus malin, Mohamed, 18 ans, a réussi à se faufiler. Il raconte: «Quand  Besson est rentré dans l'amphi, on a chanté la Marseillaise et on a déployé une banderole “Besson Expulsion”. Avant que le ministre prenne la parole, Jean-Paul Huchon (président socialiste du conseil régional d'Ile-de-France, ndlr) a fait une petite diatribe contre le débat sur l'identité nationale. Besson lui a répondu super sèchement : “Jean-Paul, on fait un face-à-face quand tu veux et où tu veux”. C'était hyper violent. A part ça, il n'a pratiquement rien dit...»

Présent lui aussi, Amar Ferdjaoui, délégué syndical CFDT et membre du groupe Ressource pour l'égalité homme-femme. «Quand les jeunes ont chanté la Marseillaise, le ministre s'est mis à chantonner aussi... C'était d'un goût très mauvais. A la fin, il a évoqué ses souvenirs d'étudiant à Sciences po, en disant qu'à son époque, il n'y avait pas de chorale...»

«J'ai même pas envie de participer au forum»

Plantées devant la porte de l'amphi depuis deux bonnes heures, Amélie et Clothilde, en master Relations internationales: «Franchement, y a plus urgent à traiter que cette question de l'identité nationale... Et c'est pas en ouvrant un forum sur internet qu'on crée un débat, ce n'est pas ça la démocratie.» La copine de renchérir : «J'ai même pas envie de participer au forum car je sais déjà que ce qui sera dit sera mal utilisé et mal interprété à des fins populistes.»

Dans un communiqué publié plus tard dans la soirée, les élèves dénoncent notamment «la censure quasi-systématique mise en place sur le site internet censé organiser ce débat virtuel et réifié».

20h30. A la sortie, un représentant du syndicat étudiant Unef tire sur sa cigarette, satisfait. «On a organisé ce comité d'accueil assez spontanément. C'était important de lui montrer qu'on refuse son double discours. D'un côté, il renvoie des migrants en Afghanistan, et de l'autre il vient tenir à Sciences Po un discours sur la diversité...»

Entretemps, le ministre a filé – comme il est arrivé – par une porte à l'arrière du bâtiment. «Oui, un charter l'attendait...», s'amuse un étudiant. Besson n'était pas le seul à avoir de l'humour.

 

Libération

Le CV anonyme: un simple complément

C’est la loi sur l’égalité des chances de 2006 qui l’a rendu obligatoire pour les entreprises de plus de 50 salariés, mais le décret permettant son application n’a jamais été publié (cela fait plus de 3 ans).

L’accord national interprofessionnel signé par les partenaires sociaux le 11 octobre 2006 prévoyait que le CV anonyme soit essayé dans les entreprises volontaires et fasse l’objet d’un bilan, au plus tard au 31 décembre 2007. Mais là encore, cette évaluation n’a jamais été faite.

De manière générale (mais cela peut aller plus loin), les mentions effacées sont : l’âge et la date de naissance, la photo, la situation de famille, la nationalité, le sexe.

Pour nous, le CV anonyme n’est absolument pas une fin en soi. Ce n’est qu’un complément à une politique plus globale de lutte contre les discriminations.

L’intérêt réside cependant dans la possibilité pour certains de passer la première étape du recrutement et de parvenir ensuite à faire ses preuves à l’oral en entretien. Mais soyons clairs, cela peut simplement déplacer d’une étape la discrimination, voire donner bonne conscience aux recruteurs qui pourront dire avoir reçu le candidat…

Il existe aussi des difficultés :

- Le coût de la mesure : Rendre anonyme les CV reçus coûte assez cher aux PME (autour de 20 centimes et plusieurs euros le CV).

- La réelle efficacité du CV anonyme : soit on demande à tout le monde d’envoyer un CV anonyme (ce qui est complexe, à la fois pour contraindre ceux qui ne le souhaitent pas et pour la transmission à part de l’adresse, n° et e-mail), soit cela suppose un traitement coûteux et surtout met quasi-systématiquement "à jour" ceux qui sont d’origine immigrée ou de quartiers difficiles et pour qui les CV anonymes sont proposés…

Un dessin de Chimulus (pour Rue89) illustre très bien ce dernier fait (ci-dessous) :

 

 

 

Jean-Louis Bianco & Nicolas Cadène